Mai 2000

 

Un petit voyage éclair en terres nordiques, avec deux sujets de la plus haute importance odésienne à l'ordre du jour.


  Les Armes Secrètes du Führer  



Lors de la dernière réunion des
Maîtres Secrets de l'ODS, j'ai reçu mandat des Frères Supérieurs de diligenter une enquête sur ce très délicat sujet……

  6 mai :  Arrivée à Berlin sous une chaleur torride. La bière coule à flot et l'Eisbein est toujours aussi succulent. Vision nocturne :



  EIN AUM & EIN PROSIT  


La nuit étend ses ailes et l'aigle de l'Empire
S'enfonce dans la torpeur d'un rêve de beauté.
Tiergarten est désert et le château soupire, 
Baille en s'étirant, Bellevue dépité.

Reichstag se terre, honteux d'une coupole
Qui déchire son âme et brise sa superbe.
Le mur a disparu. Du passé seule obole
Quelques morceaux de pierres, un Checkpoint imberbe.

L'Ombre pourtant se terre, ailleurs dans la cité.
Elle se nourrit des rires, des chants et des couleurs
Qui hantent les terrasses d'un Ku'Dam endiablé,

Qui fait briller les filles, dans les jardins du Dom.
Bercée sensuellement, la Spree est une odeur,
Un parfum doucereux ; la fragrance de l'AUM.


08/05/2000 Berlin



  7 mai : je loue une voiture pour me propulser dans le nord baltique, plus précisément dans la région de l'Udesee où se trouve la base de Peenemünde. 250 kilomètres à franchir à partir de la capitale, heureusement rapidement parcourus grâce à l'autoroute. L'Udesee est en quelque sorte la Normandie des berlinois, et la température ambiante nourrit les plages de ventres rebondis…… Peenemünde est situé littéralement au bout du monde, mais les indications sont claires. Impossible de rater l'endroit.
Un village balnéo-portuaire assez banal. A l'époque communiste, un port discret où faisaient escale les sous-marins soviétiques. Aujourd'hui, un lieu touristique, quelque chose qui s'apparente au Dracula'Land roumain…… Tout est fait pour le badaud en mal de souvenir et d'émotion.
Déjeuner rapide sur le port, au restaurant Die Flunder. Les serveuses sont délicieusement accortes et le plat de poissons de la Baltique fort honnête. Accompagné comme il se doit de l'inévitable bière qui pèse son demi litre.
Direction le musée, en français la base……. Emotion et déception. Une énorme superficie où l'on peut baguenauder à son aise, mais rien à voir avec ce que mon imagination avait fabriqué, à force de livres et de films. La base n'est pas souterraine, mais en surface. Quelques casernes, transformées en show rooms sur l'histoire de l'astronautique allemande. Une immense centrale thermique. Et un parc gigantesque, à la sauce Disney Land, où on peut contempler quelques fusées et surtout une collection impressionnante d'avions de chasse soviétiques. 

 

Il faut chercher pour trouver le V1 ; le V2 en revanche est au milieu de la base comme un poing au milieu de la figure, avec un vêtement qui, malgré sa dominante noire, fait irrésistiblement penser à la fusée légendaire de Tintin. Pas de trace de la fameuse soucoupe volante nazie.

 Je me renseigne auprès du conservateur en déclinant mes qualités. Réponses évasives, sur le ton " unbekennt ". Joseph Altaïrac me consolera à mon retour en me disant en substance qu'ils étaient au courant de ma visite, et qu'ils l'ont cachée………


  8 mai : dîner à Berlin dans la Historische Weinstuben, dans le quartier de Nikolaiviertel. Une occasion de retrouver mon ami Kurt von Straffenberg, un ancien de la Stasi chargé à l'époque de la gestion des archives de l'Ahnenherbe. Eclate de rire lorsque je lui parle de la soucoupe volante nazie ; encore une invention " kapitaliste ". Mais son éclat de rire me paraît tellement bruyant qu'il est forcément suspect. Joseph doit être avoir raison…….. Nous discutons longuement des travaux de l'AH, et notamment des recherches sur les Runes qu'il m'a fait parvenir par le biais de ER. Me promet les carnets d'Otto Rahn. A suivre. Une dégustation de korn, l'alcool de grain local, nous fait vite zapper sur des sujets plus triviaux.


  Un bisou poméranien  


  9 mai : on the road. Départ de Berlin aux aurores, direction Stettin, la frontière polonaise, puis Gdansk, le siège social de Rivendal's LTD. Agnès m'avait recommandé :
- de ne m'arrêter que dans les stations service, à cause des voleurs de voiture.
- de ne pas boire d'alcool en route, la tolérance en Pologne étant au degré zéro.
Instructions suivies à la lettre, même si la seconde m'a fait verser une larme en pensant à Joseph……..

  10 mai : muni d'un solide pique-nique, nous nous rendons avec Agnès à Wesiory, dans la délicieuse région poméranienne de Kachoubie. Délicieuse parce que la nature y est généreuse, les collines rondelettes, l'herbe grassouillette et les lacs ondoyants. Wesiory est (avec Odry, cf Murmures 10) un endroit inspiré, avec un site mégalithique impressionnant. 

 

 

Aujourd'hui se tient le conclave bi-mensuel de la Loge Maçonnique Forestière de Poméranie. Le Révérend Konrad est là et procède aux invocations rituelles. Je présente, comme il se doit, l'Ordre Esotérique (rénové) des Disciples du Maître de Providence.

  11 mai : découverte du site des vieilles écluses de Gdansk. Je me plais à féliciter Agnès pour le développement remarquable de la Pologne ; ce à quoi elle me répond systématiquement que j'exagère……. La preuve aujourd'hui ; un site historique exceptionnel, mais pas d'argent pour, sinon le restaurer, du moins le conserver. Un site du 17 ème siècle, dû à l'architecte Strakowsky. L'écluse centrale est balisée par quatre " vierges " dans l'une desquelles un manuscrit mystérieux aurait été découvert. Nous sommes avec Agnès sur la piste, et nul doute que nous aurons l'occasion d'en reparler.

 


  12 mai : le vent de la Baltique s'est levé et au lieu de l'excursion programmée vers d'impressionnants châteaux teutoniques, nous restons à Gdansk. Emplettes superbes rue Mariacka, dans la vieille ville, chez les marchands d'ambre...

PM