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Le
Livre, manuscrit maudit, occupe dans la création lovecraftienne
une place toute particulière. Nous avons le plaisir de vous
proposer maintenant un travail exceptionnel, réalisé
par Joan C. Stanley pour Necronomicon Press. Il ne s'agit rien d'autre
en effet qu'une visite guidée dans les rayons de la bibliothèque
de la mythique université de Miskatonic, à la découverte
de ces ouvrages sulfureux. Un grand merci à Joan Stanley pour
nous avoir autorisé à reprendre ce travail, à
Christophe Thill qui a efficacement joué les intermédiaires
avec l'auteur et à Jacky Ferjault pour son travail de traduction.

Joan
C. Stanley ©
Un catalogue d’articles choisis d’après les Collections Privées de la Bibliothèque
de l’Université de Miskatonic.
Editions
Necronomicon Press.
Introduction
: Bref Historique des Donations de la Bibliothèque, des Musées
et des Fondations à la Bibliothèque de lUniversité
de Miskatonic.
La
Bibliothèque sur pierre.
I.
Les Manuscrits Pnakotiques.
II.
Les Fragments dEltdown et de Celæno.
III.
Les Fragments de Gharne et du Sussex.
Le
Département des Antiquités orientales.
I. Les Sept Livres cryptiques de Hsan.
III.
Le Texte de Rlyeh et les Chants Dhol.
III.
De Vermis Mysteriis.
IV.
Peri ton Eibon ou le Liber Ivonis.
V.
Die Unaussprechlichen Kulten.
Appendice
: Pseudepigrapha.
II.
Præsidia Finum ou Frontier Garrison.
Il
arrive un moment où on ne peut plus se rendre compte de ce qu’on fait
et où l’on a besoin d’aide et d’assistance. Ce fut le cas lors de la
réalisation de ce catalogue. Si le travail vous semble intéressant,
c’est grâce à Frank, à l’aide de Marc, et à celle de Ron. Si c’est
un fouillis, c’est ma faute. Merci pour votre aide, les garçons.
Merci
plus particulièrement à Jennifer Lee de la Bibliothèque de l’Université
Brown, qui ignorait ce qu’elle faisait en me donnant cet exemplaire
du Catalogue des Collections Privées.
Au fil du temps, la Bibliothèque de l’Université de Miskatonic
est devenue la dépositaire de certains livres rares ou difficiles
à se procurer, et cela bien souvent en plusieurs exemplaires. L’intérêt
extraordinaire porté par les chercheurs aux trésors du fond du Département
de la Tradition Esotérique et de la Littérature Occulte, et à celui
du Centre de Recherches pour le Non-Orthodoxe, l’Occulte et les
Pseudo-Sciences, a souvent éclipsé la grande richesse des collections
détenues par les autres Départements de la Bibliothèque. Au fil
des années, un tel engouement a mis en évidence la nécessité d’examiner
attentivement les textes eux-mêmes. Il a également suscité le besoin
d’établir une bibliographie historique, spécialité au demeurant
du staff de la Bibliothèque. Pour certains de ces ouvrages, l’information
bibliographique est facilement disponible, alors que pour d’autres,
on sait peu de choses au-delà de la façon dont la Bibliothèque vint
à acquérir le/ou les, exemplaire(s). Des demandes de renseignements
émanent de sources aussi variés que les marchands de livres d’occasion,
les musées d’art, les militaires, les étudiants en occultisme et
la Bibliothèque du Congrès.
Seize ouvrages, plus particulièrement, font l’objet d’une
recherche et d’une enquête bibliographique continue. Pour répondre
à quelques-unes des questions les plus souvent posées à leur sujet,
la Bibliothèque a confectionné le volume qui suit, se référant, en
partie, au célèbre Catalogue du Dr Llanfer, ainsi qu’à d’autres
sources qui font autorité. Espérons que cela répondra aux questions
de tout un chacun et offrira des pistes pour des enquêtes plus savantes
et professionnelles. Pour l’essentiel, l’information est donnée ici
sous forme de résumé, les études plus pointues étant disponibles sur
demande au Département idoine de la Bibliothèque. Tous les ouvrages
évoqués sont consultables pour étude sur présentation d’accréditations
en règle. La demande doit en être faite directement à l’Administration
de la Bibliothèque de l’Université.
Introduction.
Bref Historique des Donations de la Bibliothèque, des Musées et des Fondations
à la Bibliothèque de l’Université de Miskatonic.
Comme
pour toute grande Université, l’histoire de sa Bibliothèque se confond
avec celle de l’Institution. Le contenu, le développement et la spécialisation
progressive de la collection reflètent bien évidemment les diverses
formes de savoir qui s’épanouissent aux frontières de l’université.
La Bibliothèque, ses Musées, ses Départements et son travail coopératif
intra et inter institutionnel ont rendu l’Université de Miskatonic
unique parmi les centres mondiaux de l’enseignement supérieur.
Sous les auspices de la paroisse congrégationniste d’Arkham,
elle fut créée en 1690 par la Grande Cour comme « le Collège
de la vallée de Miskatonic à la requête des villes et des paroisses
d’Arkham, d’Innsmouth, de Kingsport, et de New Salem. » En 1693,
le premier président, et pour plusieurs années l’un de ses trois membres
de faculté, Ward Phillips, légua sa bibliothèque personnelle de 127
livres, essentiellement religieux, à l’usage du collège des novices,
pour «leur éducation ». Peu après, un autre membre de la faculté,
secrétaire général du collège, Phillip (plus tard, Sir Phillip) Theobald,
y ajouta son importante bibliothèque : 270 livres. En 1700, M. Simon
Orne, de Salem, jeune savant brillant, chimiste, et étudiant en philosophie,
fit don au Collège, en quittant la colonie pour s’établir en Europe,
d’un grand nombre de textes médicaux et alchimiques du Moyen Age et
de la Renaissance, dont les travaux d’Agrippa, de Bacon, de Fludd
et de Valentinius[1]
Il donna également à l’institution ses premiers ouvrages non médicaux de science
et plusieurs livres de voyages.
La Bibliothèque demeura au sein de la maison paroissiale congrégationniste
d’Arkham jusqu’en 1743, lorsque Elder Marsh, d’Innsmouth, acquit à
ses frais un terrain et édifia « une charmante construction,
ravissante à la vue », dans High Street, pour y demeurer. La
maison commença à se remplir de livres pratiquement au fur et à mesure
de sa construction. Les livres accumulés par le Collège tendirent
à être délaissés pour ceux, pas toujours de meilleure qualité, d’autres
bibliothèques. Beaucoup traitaient de religion ou de théologie, encore
qu’un grand nombre avaient trait aux mathématiques, à la rhétorique,
à « l’histoire naturelle » et aux sujets classiques. Ce
ne fut pas avant 1769 que des fonds substantiels furent octroyés pour
l’acquisition d’ouvrages.
Cette année-là, un don princier de 2500 livres fut accordé
à la bibliothèque, qui tirait le diable par la queue, par Joseph Curwen,
de Providence, un commerçant dont la générosité s’était jusque-là
manifestée envers la ville. En 1769, il était en conflit sérieux avec
le révérend, Mr Manning, du Collège de Rhode Island [2] et la famille Brown, bienfaiteurs principaux du Collège. Curwen mis fin à son
patronage au Collège de Rhode Island et, en contrepartie, l’accorda
à celui d’Arkham. La somme de cette première donation à la Bibliothèque
(maintenant l’une des plus anciennes dotations à vie pour une bibliothèque
qui existe encore aux Etats-Unis) garantissait désormais à la Miskatonic
la possibilité d’acquérir les livres nécessaires à son programme d’enseignement.
En 1772, la veuve de Curwen,
Mrs Tillinghast, fit don au Collège d’Arkham de ce qui restait de
la « bibliothèque quant à la thaumaturgie, à l’alchimie
[sic] et à la théologie[3] » de son défunt mari. Le legs comprenait un grand nombre de textes scientifiques
d’alors autant que de livres sur des sujets non orthodoxes, qu’elle
avait conservés en secret bien que son mari lui ait antérieurement
ordonné de les détruire. Parmi de nombreuses raretés se trouvaient
trois volumes différents du Necronomicon (dont deux versions
en latin [ vers 1385] et une transcription complète du Dr John Dee,
dédicacée par lui, encore que le nom du dédicataire ait été effacé)
; un manuscrit en français et un en espagnol des Cultes des Goules
; et un ensemble de plaquettes en bois rédigées en chinois, pressées
entre deux couvertures de bois gravés et conservées dans une boîte
contenant un ensemble de pierres, également recouvertes d’écritures
chinoises. Beaucoup plus tard, le tout fut identifié comme un exemplaire
vieux de 2000 ans du Texte de R’lyeh. Il y avait également
de magnifiques volumes de textes alchimiques (la plupart manuscrits)
: des travaux de Borellus, Geber, Bacon, un volume de Trithemius,
et un exemplaire de l’Artes Auriferæ, avec le Turba
relié séparément[4].
En 1805, lorsque le collège d’Arkham
devint l’Université Miskatonic, le révérend Ward Phillips, arrière-petit-fils
du premier président, put annoncer avec fierté la détention d’une
collection de presque 5100 ouvrages, soit l’une des plus grandes collections
universitaires des Etats-Unis (Harvard étant alors en tête avec 12000
livres).
Le révérend M. Phillips, nommé Bibliothécaire cette même année,
entreprit d’actualiser et de renforcer le mécénat de la Bibliothèque,
par des sollicitations, des achats et des souscriptions. Les Compagnons
de l’Université, nouvellement organisés, cherchèrent également à accroître
les fonds disponibles pour l’achat d’ouvrages. Leur premier effort,
la Donation des Compagnons, permit d’acquérir 900 livres à Londres,
à Paris et à Rome. La Bibliothèque utilisa les cotisations et un legs
substantiel pour acheter 1500 volumes supplémentaires.
En 1810, le premier de plusieurs
dons de la famille Pickman fournit les fonds pour l’achat d’ouvrages
spécifiques pour l’étude des « puissances invisibles et redoutables »
: achat de 400 traités et livres sur la magie, le spiritisme, la pratique
des religions obscures et hérétiques, et la sorcellerie. De plus,
les héritiers bienveillants de Pickman remirent au Collège sa Bibliothèque
de 300 volumes de folklore obscur et littérature ésotérique, autre
legs qui à nouveau comprenait beaucoup de manuscrits rares (dont le
premier exemplaire de l’université du Livre d’Eibon). Parmi
les ouvrages imprimés figurait l’une des premières collections connues
des travaux attribués à Hermès Trismégiste et les premières éditions
de la plupart des travaux de Paracelse (tout comme les secondes éditions
également recherchées car révisées et corrigées). Ce don, joint aux
acquisitions antérieures, constitua le fondement de la collection
de tradition ésotérique et de littérature occulte de l’Université.
De 1835 à 1860, principalement
par des legs et dons, la Bibliothèque élargit l’étendue de sa collection
générale, en acquérant des ouvrages sur la navigation, l’astronomie
et les chiffres. La branche de Kingsport de la famille Marsh fournit
des capitaux pour l’achat de la bibliothèque du colonel Roger Marsh,
de Portsmouth (New Hampshire). La collection comprenait beaucoup de
livres de sciences, dont les travaux de Hauf [5], sur l’armée, la mer et la navigation autant que des livres rares sur la cryptologie
et l’occultisme. D’étranges livres imprimés comprenaient une première
édition du De Vermis Mysteriis, publié en 1484, peu après la
mort de l’auteur, et une édition en langue allemande publiée peu de
temps après (vers 1500) par une imprimerie fantôme de Mannheim, une
édition de 1550 de Trithème, une de 1586 de Vigénère et une de 1772
de Thicknesse [6].
Suite au second legs d’un membre de la famille Pickman, qui
comprenait plusieurs manuscrits enluminés (dont un exemplaire spectaculaire
du Krypticon de Silander), les dirigeants de la Bibliothèque
admirent qu’il était nécessaire d’assurer la sécurité de ses trésors.
La salle Darby, du nom du bienfaiteur qui donna les fonds pour assurer
la grande collection, devint la Salle des Livres Rares de la Bibliothèque.
Un conservateur, rémunéré par une donation supplémentaire de la famille
Danforth, s’assura qu’aucun des livres de cette salle ne la quittait
et que les chercheurs et les étudiants les consultaient seulement
en sa présence ou en celle de son délégué.
De 1860 à 1900, la Collection
Générale de la Bibliothèque s’étoffa rapidement. Des ouvrages de médecine
et de droit furent achetés aux Etats-Unis et à l’étranger. Des travaux
en latin, en grec, et dans des langues européennes pour la plupart
contemporaines, ainsi qu’en chinois, en japonais et en sanscrit, et
en plusieurs autres langages et dialectes extrêmement obscurs, furent
offerts par des marchands ou acquis avec des fonds spécifiques. Ces
acquisitions formèrent une partie de la bibliothèque du Département
des Langues et de Linguistique.
Beaucoup
de grandes familles marchandes du comté de l’Essex furent à l’évidence
fières de l’importance et de la valeur de leurs donations à l’Université.
Les ressources à la fois de la Bibliothèque et du Bâtiment universitaire
lui-même furent les principales bénéficiaires de leur largesse. Les
capitaines de bateaux donnèrent souvent des livres et d’autres objets
amassés au cours de leurs longs voyages. Durant cette même période,
la première d’une série d’expéditions archéologiques et exploratoires
financées par l’Université — ou sous ses auspices — ou encore par
l’une de ses fondations --, permit l’acquisition de magnifiques vestiges
archéologiques, dont le premier de nombreux fragments des Manuscrits
Pnakotiques.
En 1900, la collection
générale étant parvenue à saturation, les Compagnons de l’Université
votèrent des crédits pour la construction d’une nouvelle Bibliothèque,
l’actuel bâtiment. Grâce à la générosité de ses anciens étudiants,
le nouveau bâtiment considérablement plus grand que celui initialement
prévu et comprend trois salles sécurisées pour les raretés ainsi qu’une
salle de lecture. La totalité de la Bibliothèque, à l’exception des
archives de l’université, s’installa dans le nouveau bâtiment en 1904.
A l’inauguration de la nouvelle Bibliothèque, les archives
et tous les documents relatifs à l’histoire de l’Université furent
séparés de la Collection Générale et émigrèrent dans l’ancienne Bibliothèque
Marsh réaménagée, rebaptisée le Tabularium.
En 1924, le Dr Seneca
Lapham (promotion de 1879) obtint pour la Bibliothèque d’Arkham, dans
le cadre de la succession d’Ambrose Dewart, un grand nombre d’ouvrages
d’histoire locale et de généalogie, la correspondance et les papiers
de Jonathan Bishop et d’Alijah Billington, et une collection exceptionnelle
de livres d’alchimie. Cette collection comprenait également une transcription
holographique (en anglais) d’une grande partie du Necronomicon.
La même année, l’exécuteur testamentaire de Wilbur Akeley, selon ses
dernières volontés (et parfois en contradiction avec celles-ci), donna
à la Bibliothèque plusieurs fragments des Manuscrits Pnakotiques,
un autre exemplaire du Texte de R’lyeh, des traductions en
langue étrangère des Sept Livres Cryptiques de Hsan, des exemplaires
des Chants Dhol, un exemplaire en français du Culte des
Goules, un exemplaire enluminé du Livre d’Ivonie, et des
exemplaires rares du De Vermis Mysteriis et du Die Unaussprechlichen
Kulten, de même qu’une très belle collection de manuscrits médiévaux
et modernes qui n’ont été que récemment répertoriés.
Durant les années 1920 et 1930, sous
la conduite énergique du Dr Henry Armitage (promotion de 1881), la
Bibliothèque fut la dépositaire de nombre de collections disponibles
suite à divers événements personnels et locaux. Après la mort du dernier
Whateley de Dunwich, dans le Massachusetts, et à défaut d’héritiers,
le Dr Armitage convainc une branche de la famille, avec l’assentiment
des pères fondateurs de Dunwich, de donner à la Bibliothèque l’importante
collection Whateley de livres sur la magie, la sorcellerie, la démonologie
et les pratiques religieuses obscures (dont une collection incomplète
de volumes du Necronomicon en anglais), de même que des papiers
personnels, des agendas et des journaux de la branche familiale de
Dunwich. L’acquisition constitua l’une des collections les plus importantes
d’écrits sur de tels sujets (en remontant au moins à trois générations)
par les habitants de Nouvelle-Angleterre. Bien que beaucoup d’ouvrages
aient été en piteux état, les archivistes de l’université furent capables
de sauver presque toute la collection.
En 1928, le Dr Armitage supervisa
plusieurs acquisitions majeures de la Bibliothèque. Après la disparition
du culte maléfique d’Innsmouth, il surveilla la réception d’une grande
collection cultuelle d’ouvrages extrêmement rares sur les pratiques
religieuses primitives en Asie et dans le Pacifique, dont l’inestimable
Codex Dagonensis. Un cadeau de M. Halpern Chalmers de New York
(promotion de 1918) enrichit la large gamme de brochures rares sur
la sorcellerie médiévale et la magie noire.
Plus
tard la même année, Armitage fit l’acquisition d’une remarquable collection
de livres sur la science et la magie médiévales, issue de la succession
de Charles Dexter Ward, de Providence. A la plus grande joie des Compagnons
de l’Université, la collection comprenait des journaux, des notes
et certaines correspondances de Joseph Curwen, l’un des premiers bienfaiteurs
de Miskatonic. A la fin de l’année, dans son rapport annuel aux Compagnons
de l’Université, le Dr Armitage put noter, au sujet de certains des
domaines de l’occultisme, des sciences ésotériques et des religions,
que la Bibliothèque possédait « la plus importante collection
de livres et de documents au monde concernant la mythologie de Cthulhu,
probablement la plus belle et la plus complète collection jamais réunie »[7]
En
1931, après une suite de scandales et de morts violentes
inexpliquées, l’Institut Sanbourne pour les Antiquités du Pacifique,
à Santiago, Californie, dut fermer et supprimer son exposition permanente.
Le Dr Armitage contribua à obtenir la partie de l’exposition qui
contenait le legs complet fait au Sanbourne par son vieil ami et
collègue Harold Hadley Copeland (promotion de 1881). En apprenant
cette acquisition, un donateur anonyme offrit des fonds suffisants
pour construire l’aile Copeland (connu maintenant comme Département
des Antiquités orientales de la Bibliothèque) afin d’abriter la
collection de même que tous les autres objets ayant trait aux antiquités
de l’Asie et du Pacifique détenues ou acquises ultérieurement. Cette
même année, la police d’Arkham déposa des ouvrages et des documents
« ayant rapport avec la magie noire dans ses formes les plus
avancées et les plus horribles » [8], saisis dans la vieille maison
abandonnée de Gilman. Les musées de la Bibliothèque durent effectuer
la garde de beaucoup d’objets étranges et contestables considérés
par la police comme preuves. La Haute Cour du Comté d’Essex accorda
en fin de compte la garde permanente de tous ces matériaux à la
Bibliothèque.
En 1936, le successeur
du Dr Armitage, le Dr Llanfer (promotion de 1902) obtint un don
de Paul Tuttle d’Arkham (promotion de 1927) qui comprenait deux
autres Manuscrits Pnakotiques, deux versions du Livre
d’Eibon, datées d’avant 1200 après J.C., un autre manuscrit
en français du Culte des Goules, un autre Prinn de 1484,
une première impression de Sinistrari, et un Stampa.[9] Faisait partie du don d’un grand colis qui contenait beaucoup de papiers personnels
et de correspondances de von Junzt ainsi que son exemplaire personnel
de Die Unaussprechlichen Kulten de 1840.
En 1938, le Dr Llanfer
obtint de source anonyme une autre collection complète des travaux
de Trithémius, tous publiés avant 1600. Peu de temps après, un de
ses assistants bibliothécaires, Anthony Alwyn, fit don à la Bibliothèque,
des livres et de papiers de son grand-père et de son oncle , Leander
et Josiah Alwyn, en provenance de sa maison de Harmon, ainsi que des
documents généalogiques et autres manuscrits familiaux.
En
1940, à la suite d’un scandale resté confidentiel lié à
des tentatives de détournement d’une partie de sa collection de pièces
archéologiques, le Cabot Museum of Archeology de Boston, une fondation
privée, ferma ses portes. Le Dr Llanfer, également directeur du musée,
suggéra aux Compagnons l’achat par l’Université d’une partie de la
collection du musée. Avant que cette suggestion ne fut ratifiée, le
Conseil d’Administration du Musée proposa à un prix raisonnable d’offrir
toute la collection et le bâtiment à l’Université, à condition que
cette dernière donne des garanties écrites quant à la préservation
de l’ensemble de la collection. L’Université accepta ; des fonds furent
recherchés et, grâce aux donateurs, plus particulièrement à l’Association
des Anciens Etudiants, la tractation se fit. Et le Miskatonic Muséum
se trouve maintenant à Cabot Hall, à Boston. Le Dr Llanfer mit également
en place l’accord selon lequel son conservateur travaillerait sous
la direction de la Bibliothèque universitaire.
Sous la gestion des Dr Armitage et Llander, avant la Seconde
Guerre Mondiale, les ouvrages rares vinrent enrichir rapidement la
collection, mais de façon désorganisée. Le Dr Llanfer, sentant que
la comptabilité analytique était de mise, entreprit de répertorier
la partie de la collection qui regroupait le folklore ésotérique,
la littérature des religions occultes et obscures, tous les incunables,
et les sections archéologiques. De plus, il entreprit de réunir les
sections de la Bibliothèque avec des collections de pièces identiques
détenues dans d’autres départements et fondations de l’Université.
En 1942, les Compagnons de la
Bibliothèque admirent la nécessité d’un tel catalogue. Ils votèrent
des crédits pour sa mise en place. Au cours de la Seconde Guerre Mondiale,
lorsque le rythme d’acquisition de la Bibliothèque ralentit considérablement,
le Dr Llanfer put commencer avec passion son labeur.
Le
catalogue achevé, publié en 1951 peu après la mort du Dr Llanfer,
fut rapidement baptisé « L’Apprenti Sorcier ». Il listait
chaque article des collections de livres par auteur et par titre.
Il renfermait des biographies d’auteurs, connues ou vérifiables, et
des informations bibliographiques sur tous les ouvrages avec, en complément,
des études sur les titres les plus controversés. Il listait chaque
pierre, chaque argile, chaque fragment de métal détenu par la Bibliothèque,
de même que par les musées, et donnait des descriptions détaillées
de chacun d’eux.
Etaient également recensés les exemplaires supplémentaires
des livres, des manuscrits, des fragments rares connus ailleurs qu’à
l’Université. La table des matières était complété par un index géographique,
tous deux en anglais et, pour chaque ouvrage, si possible, dans sa
langue originale. Le Catalogue a été révisé et mis à jour deux fois
au cours des quarante dernières années — le plus récemment en 1990.
Il est considéré comme un outil de recherche inestimable, unique en
son genre.
L’achèvement du Catalogue et la réorganisation du système
global des bibliothèques, fondations et musées intervinrent simultanément.
Au cours des années 1950, la Bibliothèque
devint un Département de même rang que les autres sous le nom de Bibliothèque
universitaire. Elle est maintenant formée de sections séparées offrant
un éventail complet de cours de haut niveau, en liaison avec le Collège
des Arts Libéraux, qui mènent à un diplôme de bachelier bibliothécaire.
Le Tabularium fut placé en fidéicommis pour le bien de l’Université,
de ses étudiants, de sa faculté et de ses anciens élèves. Ses pièces
furent confiés à un Archiviste en chef désigné par la Bibliothèque
universitaire avec l’approbation du nouveau Conseil d’Administration
de la Bibliothèque. Chaque musée devint une entité, sans but lucratif,
dont les Conseils de direction fusionnèrent avec les Administrateurs
de la Bibliothèque. Une structure administrative fut créée pour coordonner
et unifier tous les différents collèges et bibliothèques départementaux.
De
nouveaux bâtiments pour le Collège de Médecine et les Sciences connexes
et pour le Département de Physique inclurent de vastes bibliothèques
et des installations sécurisées pour les livres, les traités et les
manuscrits rares. Durant les années 1960, les sections médicales et
scientifiques de la Collection générale, qui comprenaient des incunables
médicaux et scientifiques et des manuscrits rares, furent ramenés
aux nouvelles bibliothèques des collèges respectifs, offrant plus
d’espace à la Bibliothèque universitaire continuellement en expansion.
La Bibliothèque de l’Ecole de Médecine abrite maintenant la plus grande
collection de manuscrits et de traités rares de l’Université. Des
fonds nés de souscriptions, de campagnes de collectes, des droits
d’entrée et de legs permirent l’extension de la Collection générale
de un à un million et demi d’ouvrages, manuscrits et autres écrits.
Durant
les années 1960 et au début des années 1970, les bâtiments
en rapport avec toutes les bibliothèques subirent d’important travaux
de rénovation et d’édification. Plusieurs nouvelles salles de lecture
furent équipées d’un éclairage adapté, d’une sécurité moderne et,
enfin, de sièges confortables. Un auditorium en sous-sol entre deux
ailes fit place aux moyens audiovisuels : banques de films et cassettes,
reprographie. Les sous-sols des deux ailes furent agrandis pour abriter
un atelier de reliure, et un laboratoire pour la production, la restauration
et la conservation du papier. La bibliothèque possède maintenant des
outils de recherche pour la datation des documents, inscrite sur chaque
pièce, depuis la pierre et l’argile aux données sur fichier. Dans
les années 1980, la Bibliothèque universitaire fut entièrement informatisée
et un logiciel spécifique développé pour subvenir à ses seuls besoins.
Le système est accessible au public et organisé en réseau avec les
systèmes des bibliothèques du monde entier.
Un
Centre de Recherche pour les disciplines Non-Orthodoxes, l’Occulte
et les Pseudo-Sciences fut créé à la Bibliothèque, grâce à la généreuse
donation de la Fondation de Marigny de La Nouvelle-Orléans. Celle-ci
fut accompagnée par le don des collections complètes du Journal
et des Minutes de la Société de Recherche Parapsychique, des
Minutes de la Société Américaine de Recherche Parapsychique,
des Annales des Sciences Psychiques [10] et de la Revue Métaphysique
10. Etaient inclus également des livres de Donnelly, Scott-Elliott,
Sitwell et Murrau, dédicacés à Etienne-Laurent de Marigny.
Un laboratoire de recherche parapsychique, soutenu par la
Société Américaine de Parapsychologie, fut ouvert dans le Centre et
fonctionna pleinement à partir de 1958. En 1965, la Société décida
de transférer ses archives au Centre de Recherche.
En 1975, la Bibliothèque ajouta
une troisième aile officiellement appelée la Collection de Tradition
Esotérique et de Littérature Occulte pour abriter ce qui fut, et qui
demeure aujourd’hui, une accumulation presque légendaire. «L’Université
s’enorgueillit d’une bibliothèque fameuse avec sa collection unique
d’ouvrages maudits » [11]. Elle dispose de protections pour ses incunables et autres raretés et d’un
environnement adapté pour les pièces les plus fragiles. Elle abrite
maintenant « une des plus remarquables collections de vieux [et
rares] ouvrages traitant de pratiques religieuses très éloignées des
pratiques existantes aujourd’hui » [12]
La collection de folklore, de coutumes et d’histoire locale
est la seconde au monde et a continué à s’agrandir tout au lond des
300 ans d’Histoire de l’Université.
En 1977, la Bibliothèque reprit
la Bibliothèque Kester de Salem. Selon l’accord conclu, l’Université
installa toutes ses ressources afférentes à l’histoire, aux coutumes,
au folklore et aux pratiques religieuses marginales dans un cadre
rénové. Le catalogue du Dr Houghton, qui recence ces collections,
fut publié par la Bibliothèque en avril 1993.
Le bâtiment du Tabularium (l’ancienne bibliothèque Marsh)
fut « partiellement restauré à la fin du XIXe siècle,
et mal, par quelqu’un qui avait un goût détestable pour le gothique
victorien » [13]. Un siècle plus tard, il fut finalement complètement restauré dans son état
colonial primitif par des conservateurs oeuvrant sous la direction
d’archivistes. Non seulement l’extérieur fut réhabilité, mais l’intérieur
retrouva une grande partie de son élégance coloniale grâce à la donation
de mobilier d’époque par de généreux anciens élèves. En 1983, il acquit
sa 500 millième pièce.
Durant cette même période, les musées de la Bibliothèque accumulèrent
des fonds suffisants, grâce à l’aide particulière de la Nathaniel
Pickman Darby Foundation, pour réaménager et restaurer les bâtiments,
ajouter des auditoriums et agrémenter l’environnement. Tous les
moyens audiovisuels furent mis à jour et totalement informatisés.
Nous sommes désormais en présence d’un formidable outil d’enseignement
et de recherche.
LA
BIBLIOTHEQUE DE PIERRE.
Parmi
les raretés du Département de la Tradition Esotérique et de Littérature
Occulte, il en est une habituellement nommée « La Bibliothèque
sur Pierre » : une collection de tablettes, éclats et fragments
de pierre, plaques de métal, et morceaux de bois, soit donnés à l’Université,
soit découverts au cours d’expéditions diverses. Bien que l’on puisse
trouver des objets similaires dans d’autres musées, la Bibliothèque
est la seule institution au monde à posséder sous le même toit une
collection aussi riche. Conservées avec une précaution maximale, ces
pièces ont fasciné nombre d’experts en littérature, en science et
en religion. La collection est composée de tablettes babyloniennes
cunéiformes, de frises égyptiennes, et même de portions de vieux murs
peints ou gravés en provenance de tous les continents. La variété
des hauts et bas-reliefs conservés est tout à fait exceptionnelle.
Toutefois La section la plus controversée de la Librairie
de Pierre est celle qui regroupe un ensemble d’écrits extrêmement
anciens, les Manuscrits Pnakotiques, Les Fragments d’Eltdown
et de Celæno, Les Fragments de G’harne et du Sussex.
La plupart furent découverts sur différents sites lors de
la grande époque des explorations archéologiques sponsorisées par
l’Université, de 1850 à 1940. Alors que leur origine apparemment historique
avait été vivement mise en doute par les savants de beaucoup de disciplines,
ces mêmes érudits sont incapables de dire comment les techniques de
datation les plus sophistiquées les situent quelque part entre les
périodes géologiques dévoniennenne et mi-triasique. Les plus anciens
sont les Manuscrits Pnakotiques (qui ne sont en fait pas des
pierres, mais des « parchemins ») et quelques pierres et
éclats d’argile, désignés collectivement sous le nom de Fragments
d’Eldtown [14]ou de Fragments de Celæno, qui ont approximativement le même âge. Les
fragments de G’harne et ceux du Sussex. semblent d’une
date postérieure, peut-être le premier pléistocène. L’antiquité des
textes a amené des questions en ce qui concerne le matériau sur lequel
ils ont été écrits. Ni la pierre ni l’argile n’ont rendu possible
leur identification, notamment du fait que rien ne peut être comparé
à la géologie des sous-sols dont elles ont été extraites.
De plus, les textes ne présentent aucune similitude avec les
runes, l’écriture cunéiforme ou les hiéroglyphes des natifs du Middle
Est, de l’Asie, ou du Nord de l’Europe, traditionnellement considérés
comme l’un des éléments du développement de l’humanité.
L’écriture consiste en fait en une suite de points figurés
à motifs tels que, lorsqu’on les aligne correctement les uns avec
les autres (presque jamais horizontalement ou verticalement), ils
peuvent être déchiffrés en idées, ou au moins en pensées complètes.
Avec divers degrés d’approximation, au cours des ans, l’alphabet ,la
grammaire et la syntaxe ont été reconstruit. (Voir
: Walmsley, Gordon, Notes on Deciphering Codes, Cryptograms, and
Ancient Inscriptions, N.D., Londres). La prononciation est strictement conjecturale, aucun procédé ne pouvant être
considéré plus fiable qu’un autre. (Voir : Angell, George Gammell,
Ph.D;, L.L.D., travaux non publiés sur les inscriptions anciennes,
« Cthulhu Cult », dans plusieurs manuscrits, in The Bequest
of George Gammell Angell, propriété de la Société américaine d’Archéologie,
Boston) [15]
Avec certaines subtiles différences, le langage est le même
pour tous les fragments et éclats de pierre et d’argile. Après la
découverte de la clé majeure du langage, ils ont tous été traduits,
en des lieux et des époques divers (Voir plus loin : Le Livre de
Dyzan p. 27). Mais dans le cas des Manuscrits Pnakotiques,
les clés pour leur traduction ont pour l’essentiel été perdues.
L’intégralité de la plupart de ces textes ont été produits.
Les traducteurs ont buté non seulement sur la langue, mais également
sur le fait que les concepts contenus dans les documents sont obscurs
ou totalement incompréhensibles, voire scientifiquement impossibles.
Les lectures proposées sont donc souvent réfutées sur-le-champ par
de respectables érudits. Les savants des premières générations ont
considéré que beaucoup des informations contenues dans les textes
étaient irréligieuses, blasphématoires, et si hautement fantastiques
qu’ils ont simplement échoué à comprendre leur signification. Ils
ont mal traduit les textes et dilués leurs travaux dans des considérations
religieuses et moralistes, obscurcissant davantage les recherches.
En ce qui concerne le contenu, tous les textes ont trait aux
activités d’entités non humaines qui ont évolué, envahi ou colonisé
la Terre avant l’évolution des humains. Les descriptions, inscriptions
et les idées contenues dans les textes furent par conséquent considérées
comme des créations de mythes par tous ceux qui les ont étudié.
En outre — inutile de le dire — tous les textes sont anonymes.
I. Les Manuscrits Pnakotiques.
La tradition de certaines écoles d’occultisme veut que le
nom des manuscrits dérive d’une « Cité Fabuleuse des Archives »,
nommée Pnakotus [16] située sur une autre planète [17], voire de ruines découvertes en Australie centrale. Deux auteurs au moins reprennent
ces idées sans les commenter (von Junzt et Prinn)[18]. Il existe également une tradition européenne disant qu’ils sont les traductions
dans un « langage hyperboréen secret » d’un document plus
ancien (d’origine extra-terrestre17) ou « rédigé
par un homme endormi dans des royaumes boréaux oubliés » [19]. Au moins les deux tiers de l’ouvrage ne peuvent pour l’heure être traduits
[20]
La plupart des manuscrits furent extrait de grottes et autres
tréfonds géologiques. Les légendes locales affirment souvent que des
sites en question sont antérieurs à l’humanité (ceci ayant été confirmé
par des analyses ultérieures) [21]. Des analyses scientifiques et des affirmations (lorsqu’elles sont vérifiables)
issues des manuscrits eux-mêmes conduisent certains savants à considérer
qu’ils constituent les plus vieux documents connus [22]. Ils sont mentionnés dans les nombreux fragments d’argile et de pierre provenant
de périodes géologiques ultérieures, dont les Fragments d’Eltdown
et du Sussex, de Celæno, et de G’harne [23]. Comment ont-ils pu être préservés si longtemps ? C’est l’objet de beaucoup
de conjectures.
Par comparaison, les fragments ressemblant à des parchemins
[24], traduits depuis une époque éloignée, contiennent toutes les légendes, les
mythes ? et « la tradition céleste »[25] découverte en dernier lieu en raconte l’origine. Ils contiennent généralement
les descriptions d’entités légendaires impliquées dans une grande
guerre interstellaire, l’indication des endroits d’où vinrent ces
entités [26] et une description du monde lorsque les premiers arrivèrent et le colonisèrent
[27]. Tsathoggua [28] est mentionné pour la premire fois dans Les Manuscrits Pnakotiques.
Bien que de nombreux fragments soient détenus par nombre d’institutions
et de musées cotés, seuls trois groupes, aucun n’étant complet, ont
été collationnés dans le monde. L’un est à la Bibliothèque. Grâce
aux efforts incessants d’un ancien élève illustre et généreux qui
offrit les fonds, l’Université put regrouper en un seul lieu toutes
les pièces retrouvées au cours des fouilles archéologiques sponsorisées
par l’Université ainsi que celles issues d’autres fouilles. La Bibliothèque
a collationné un ensemble de 87 pièces allant en taille de 110 cm
x 63 cm x 58 cm (dont une portant en angle à la fois le texte et des
décorations secondaires) à 11 cm x 19 cm. Les notes d’un collationneur
anonyme ont été depuis publiées (Miskatonic University Press, 1967)
qui démontrent le contenu commun avec les collections du British Museum
et celles de l’Université de Tokyo. Tous les fragmets ont été abondamment
photographiés et photocopiés. De plus, la Bibliothèque possède deux
Manuscrits particuliers — de petite taille :18 cm x 14 et 18,2 cm
x 14,5 cm — obtenus après la fin du recollement. Les textes, cadeau
d’un ancien élève, suivent à la lettre les pages 31 et 74 de l’ensemble
collationné de la Bibliothèque..
II. Les
Fragments d’Eltdown et de Celæno.
Traduction
: Gordon Whitney, The Eltdown Shards : A Partial Translation.
Révérend Arthur Brooke Winters-Hall, The Eltdown
Shards, 1917, Londres, impression
privée.
Observations : Laban Shrewsbury, Ph.D., « Notes sur les Fragments de Celæno »,
Incomplets, Ms., N°
E7-5601, Lib. Misk. Univ.
Ces fragments de pierre et d’argile sont également issus de
plusieurs sites mondiaux, où, durant des siècles, ils avaient été
ramassés en tant que talismans « choyés avec insistance et transmis
de façon ésotérique dans certains cercles mystiques »[29] par les populations locales. Des légendes persistèrent en plusieurs endroits
disant que ces tablettes de pierre et ces bas-reliefs décoratifs,
dont les fragments de la Bibliothèque sont des vestiges, ont été rapportés
sur Terre par des êtres venus d’une planète tournant autour de l’étoile
Celæno[30], dans la constellation du Taureau des Pléïades. Des archéologues, des géologues
et d’autres ont adopté pour ces fragments le terme « Fragments
de Celæno ». Les géologues sont d’accord pour reconnaître qu’elles
ne viennent d’aucun des endroits où elles furent trouvées.
Les vingt-trois tablettes d’argile grise « dures comme
du fer », de formes et de tailles différentes, qui composent
les Fragments d’Eltdown tirent leur nom du lieu où elles furent récupérées,
lors d’une fouille géologique « pré carbonifère » dans le
sud de l’Angleterre. Comme les Fragments de Celæno (dont certains
furent découverts dans la même excavation), on a suggéré qu’ils précèdaient
l’espèce humaine [31] par opposition au fait qu’ils avaient été placés là où on les a trouvé à une
date ultérieure. De plus, l’argile de certains de ces fragments ne
correspond à aucune combinaison possible de sols prévalant dans les
strates géologiques dont ils furent tirés ou, ultérieurement, dans
d’autres. Personne n’a encore pu déterminer leur origine.
Les « hiéroglyphes » des Fragments de Celæno et
de ceux d’Eltdown sont identiques. Après examen, les traducteurs ont
déterminé que ces textes sont à la fois cumulatifs et répétitifs.
Donc, en prenant comme point de départ l’étude première de Winters-Hall[32], encore citée fréquemment et avec sérieux par les écrivains occultes »,
les philologues ont pu reconstituer et traduire de larges extraits
des deux textes qui se recoupent, et parfois réitèrent les textes
de certains Manuscrits Pnakotiques. Par exemple, Whitney et Winters-Hall,
travaillant séparément, ont lu le dix-neuvième éclat à peu près de
la même manière. Leurs traductions sont en substance les mêmes que
celle de Walmsley d’un extrait du huitième Manuscrit Pnakotique de
Wharby. Les savants présument que, étant donné les sites d’excavation
éparpillés où ils les ont trouvé, ainsi que l’uniformité de leur contenu,
les éclats et fragments peuvent avoir eu un même but.
Bien que les manuscrits Pnakotiques soient mentionnés dans
les Fragments d’Eltdown et dans ceux de Celæno, les différentes méthodes
de datation les rendent tous à peu près contemporains.[33]
Plusieurs des Fragments d’Eltdown furent transférés en 1941,
après beaucoup de controverses et d’acrimonieuses batailles judiciaires,
à la bibliothèque universitaire. Ce sont :
1. Le septième éclat, grossièrement oblong de 12,7 cm x 20,8cm.
2. Le quatorzième éclat, de forme triangulaire grossièrement équilatérale
de 50 cm x 50,2cm x
50,1cm;
3. Le vingt-et-unième éclat, oblong, de 42,4 cm x 27,9 cm.
4. Le vingt-troisième éclat, un cartouche circulaire, d’environ
35 cm de diamètre, avec des reliefs
émergeant au plus d’environ 3,55 cm.
Tous
les Fragments de Celæno extraits au cours de différentes expéditions
sponsorisées par l’Université sont actuellement à la Bibliothèque,
encore qu’ils soient disponibles pour des prêts inter institutionnels.
Ceux extraits par d’autres expéditions sont conservés dans des universités
et collections privées.
III.
Les Fragments de G’harne et du Sussex
Traductions : Gordon Walmsley; ND, Londres, Wharby
Museum.
Sir Amery Wendy-Smith, (Bart.) ND, Londres.
Sir Edward Windrop, « Translations of Writings Found on Stone
fragments from the Lost
city of G’harne in Africa », The Impérial Archeological Journal
48, N°7 (Nov. 1934)
: 327-69.
Observations
& Commentaires :
Ryan Millbue, Ph.D., The Annotated G’harne Fragments, 1965,
Arkham, Miskatonic University
Press.
Phileus P. Sadowsky, Ph.D., Further Notes on the Necronomicon,
(William Hamblin, ed.)
1980, Sofia at the University Press.
Gordon Walmsley, « A reconsideration of Several of the Proposed
Translations of the G’harne
Fragments », The Impérial Archeological Journal
96, N°2 (Avr. 1952) :
259-301.
Ce vaste ensemble d’éclats de pierres fut retiré au cours
de plusieurs expéditions en Afrique, d’un site depuis livré à l’activité
sismique. Les membres de l’expédition le désignèrent comme la ville
« perdue » de G’harne, en Afrique centrale. A chaque fois,
Windrop[34], Dyer et Pabodie [35], et les Wendy-Smith[36] découvrirent un nombre variable de pierres répandues dans la campagne. La plupart
de ces fragments, à la Bibliothèque, sont relativement petits :
moins de 30 cm de long; Les fragments de Wharby sont identiques.
Tous ont des points en relief organisés selon les mêmes schémas
que ceux des Manuscrits Pnakotiques, et les mêmes symboles.[37] En les étudiant, Walmsley put confirmer les traductions de documents plus anciens.
Il put également déterminer que, alors qu’en certains endroits mention
était faite de Cthulhu, l’information contenue globalement dans les
fragments suivait de près les extraits traduits des Manuscrits Pnakotiques.
D’après ce qui a été déchiffré, le cycle du mythe contenu
là traite du déracinement et de la destruction de la rébellion de
Cthulhu, de la capture et de l’emprisonnement de ses laquais et leurs
serviteurs, ainsi que des instructions pour la sécurité et le maintien
en détention d’individus et groupes particuliers. Il y a des notes
très précises sur des sujets d’astronomie et des cartes stellaires
détaillées.[38] Pour finir, il y a une explication des devises et des sceaux (qui apparaissent
sous forme de cartouches de différentes tailles parmi les dessins
des fragments) utilisés pour emprisonner les rebelles.
Cela suggère que le site où furent trouvés ces éclats était
un avant-poste ou une prison pour un ou plusieurs rebelles. Les avertissements
et les conseils contenus dans les textes sont identiques à ceux trouvés
ultérieurement par une expédition menée par le Dr Gordon Walmsley
(voir Walmsley, The History of the Race : Its Outposts & Reclamations
(inachevé), ed. Simon Guest, n.d., Wharby, Wharby Museum).
Dyer
et Pabodie, lors de leur première expédition commune, ramenèrent quarante
fragments. Windrop et les Wendy-Smith en ramenèrent un plus grand
nombre en Angleterre.
Les Fragments du Sussex sont en tous points semblables
à ceux de G’harne. Le contenu du texte est le même et le but recherché
semble apparemment le même. Ils sont également grosso modo identiques,
en ce qui concerne l’époque, à ceux de G’harne. La seule différence
véritable réside dans le fait que les éclats du Sussex furent trouvés
en Angleterre et dans le nord de l’Europe, et non en Afrique. Des
tentatives ont été faites, jusqu’ici sans succès, pour relier ces
fragments à Stonehenge.
Cinq des Fragments du Sussex, du Wharby Museum, en Angleterre,
sont en prêt réciproque permanent à la Bibliothèque.
Ce sont :
1. Le neuvième — presque une stèle avec des écritures sur trois côtés
et des symboles sur la
quatrième. La base mesure 80,3 cm x 50,3 cm. Tous les côtés sont fuselés
vers le sommet,
le plus haut mesure 120,4 cm depuis la base.
2. Le onzième — un cartouche en forme de tuile ; ébréché, mais avec
un côté complet. Carré de
45,5 cm de côté.
3. Le trente-troisième — approximativement oblong de 32 cm x 22,8
cm.
4. Le trente-huitième — envoyé à la Bibliothèque pour reconstitution.
Il
a été brisé in situ [39]. Des morceaux manquent. Egalement une stèle avec seulement un côté reconstructible de 44,2 cm x 17,9 cm
5. Le quarante et unième — une petite pièce sans écriture avec seulement
des pictogrammes (pas
de hiéroglyphes) de 28,3 cm x 14,8 cm./
LE
DEPARTEMENT DES ANTIQUITES ORIENTALES.
Le Département des Antiquités orientales est situé dans l’aile
Copeland de la Bibliothèque. Il fut mis sur pied grâce à de généreux
dons de l’Association des Anciens Elèves de l’Université. Il renferme
une grande variété de livres et d’objets d’Asie et du bassin Pacifique,
dont certains des plus anciens ouvrages asiatiques connus, particulièrement
de l’Asie du sud-est. Il renferme également les papiers du défunt
Dr H.H. Copeland, revenus à l’Université depuis le Sanbourne Institute
des Antiquités du Pacifique.
Comme pour la Bibliothèque de Pierre, les différents documents
collectés ne sont pas uniquement dans ce seul Département. Il concentre
cependant, en un lieu essentiel des exemplaires de livres rares qui
seraient autrement disséminés dans les bibliothèques du monde entier.
De plus, bien que la majorité de ses livres célèbres ne soient pas
les plus vieux, ils sont, de l’avis de tous, très étranges.
I. Les
Sept Livres cryptiques de Hsan [40]
Anonyme
; langue originale inconnue, mais peut-être apparentée au chinois..
Traductions :
Chinois : Connus
pour avoir été traduits en chinois très tôt. Ils furent parmi le guwen
shangshu apparentés au juwen shangshu avant 213 av. J.C.
Le juwen shangshu fut plus tard apparenté au chinois moderne
(voir ci-dessous) [41]
Français et russe
: 1920, Shanghaï, NP, Anonyme ; nombre d’exemplaires incertain, apparemment
dans une traduction précise d’un texte en chinois du XVIIe
siècle maintenant dans une collection privée en Angleterre. Illustrés.
Les Antiquités orientales acquirent un exemplaire en chaque langue
de la succession de feu Wilbur Akeley.
Français :
1943, Marseille, par le Lama Dordji Ram, édité par Alexandra David-Neel
(?) à partir d’une version préhistorique d’origine tibétaine ou d’Asie
centrale, complète en trois volumes, sortis en contrebande d’Asie
durant la Seconde guerre mondiale. Maintenant dans une bibliothèque
privée, en France, depuis le décès du Lama. 1200 exemplaires imprimés
(trois volumes reliés en un seul). Diffère sensiblement des éditions
de Shanghaï. L’exemplaire des Antiquités orientales est dédicacé à
la Bibliothèque par Alexandra David-Neel.
Aucune édition en langue anglaise n’est connue.
Histoire.
La
langue d’origine de ces livres n’est certainement pas le chinois,
mais un obscur dialecte himalayen. Les ouvrages ont probablement été
apportés en Chine occidentale par le Tibet depuis les tréfonds lointains
des montagnes d’Asie centrale. La légende dit qu’ils vinrent, par
les montagnes Kun Lun et Tien Shan, d’un monastère ou d’un temple
situé dans une plaine que les Chinois nommaient simplement Leng, c’est-à-dire
« froid » ou « frais »;
Les livres furent très tôt traduits en chinois, les premières
estimations historiques de Han plaçant les traductions aux environs
de 4200 av. J.C. Les savants avant 213 av. J.C. les transcrivirent
régulièrement sous la forme du langage contemporain maintenant désigné
comme guwen. Les ouvrages dans la (les) langue(s) originale(s) circulèrent
des siècles avant les Incendies de Qin. Les transcriptions étaient
facilement accessibles à tous ceux qui les recherchaient ou en avaient
besoin.
En 213 av. J.C, sur l’ordre du Premier Empereur, toutes les versions
en langue chinoise (et probablement beaucoup des originales) qui étaient
entre des mains privées furent détruites ou confisquées durant le
Bûcher des Livres.[42]. De plus, les savants et les chamans versés dans leur contenu et adeptes des
pratiques qu’ils décrivaient, débusquèrent et tuèrent, par décret
impérial, comme le furent beaucoup d’autres savants, les sorciers
et les chamans en désaccord avec le Premier Empereur [43]. Quelques exemplaires furent confisqués et gardés dans la bibliothèque Impériale
jusqu’à ce qu’eux aussi soient détruits quelques années plus tard.
En 207 av. J.C., au début de Han Ier, le Palais impérial,
« avec les archives et les bibliothèques oú étaient stockés
nombres des derniers exemplaires de livres cachés» fut saccagé et
réduit en cendres. [44]
Quelques années plus tard, encore sous la première époque de Han Ier
(202 av. J.C.- 9 ap. J.C.) des tentatives furent effectuées pour retrouver
la connaissance perdue et pour localiser les textes qui avaient survécu
aux livres détruits, sans se soucier de ce que ces livres auraient
pu contenir. Des tentatives furent également faites pour ramener en
Chine les savants rossés et exilés qui avaient réussi à fuir le massacre.
Mais on s’aperçut rapidement que les textes survivants des Livres
de Hsan dans leur langue originale ne se trouvaient plus en Chine,
non plus que les savants ou les chamans restés en Chine qui admettaient
connaître ce langage.
Des essais de reconstitution furent faits à partir de textes chinois
fragmentaires réintroduits dans le pays depuis l’étranger : ceux qui
font autorité furent ceux regroupés par le néo-légendaire Lão Chiào
Yuan [45], connu à la fois comme savant et comme grand sorcier magicien, qui avait échappé
aux déprédations de Qin et avait fui en Asie centrale. Il revint aux
domaines de Han dans son grand âge avec une transcription chinoise
partielle (en juwen). Comme l’ont fait les autres savants restants
dans beaucoup d’autres disciplines, il tenta de restaurer le reste
de mémoire. [46]
Des tentatives pour obtenir des exemplaires dans des révisions en
langue originale ou himalayenne du Tibet ou de l’Asie centrale réussirent
partiellement car les grands magiciens, sorciers et chamans de l’Himalaya
et des steppes, refusèrent non seulement d’autoriser que leurs livres
soient pris à l’étranger ou copiés par des étrangers, mais également
résolument de voyager à l’intérieur de la Chine, sans se soucier des
appas qu’on leur tendait. Tous les exemplaires que les autorités chinoises
avaient envoyés chercher, furent cachés. Aucun des sept livres dans
la langue originale ou en guwen shangshu authentifié ne fut
jamais ramené entre des mains chinoises officielles ou privées après
les Incendies de Qin. Toutes les transcriptions chinoises sont des
copies fidèles des reconstitutions altérées de l’époque Han.
Trois textes authentifiés de l’époque Han et un de la période Sui,
qu’on a jugé avoir été « corrigés » aussi précisément que
possible, sont connus à ce jour. Tous sont conservés dans des caves
à l’environnement étudié pour protéger le papier fragile de la détérioration.
Deux des exemplaires de l’époque Han sont à Taïwan et le troisième
est en Corée. L’exemplaire de la période Sui est à Miskatonic. Les
éditions ultérieures des dynasties Ming et Sung, copiées principalement
à partir de l’un des textes de l’époque Han, se trouvent dans une
collection privée ou dans les collections de l’Université. Les exemplaires
des époques Ming et Sung, bien qu’ayant tendance à être abondamment
et somptueusement illustrés, tendent également à avoir des textes
très erronés ou altérés.
Les versions tibétaines semblent être de deux sortes. La première
consiste en trois ensembles anciens de trois volumes, chacun écrit
en langage chiffré sur un matériau non identifié, apparemment un amalgame
de matière animale et végétale. Le code fut en fin de compte déchiffré
en 1950. Ce langage n’est pas du tibétain ou quelque chose d’analogue,
bien que l’alphabet utilisé soit une forme primaire de celui trouvé
dans les aires éloignées de l’Asie centrale au cours du premier siècle
après J.C. La syntaxe et l’orthographe sont identiques à celles découvertes
sur certaines des pierres, des éclats d’argile et des fragments de
la Bibliothèque de Pierre. Cependant, la transcription doit être faite
avec soin, ou ne pas être faite du tout.
Chaque ensemble de livres (les « sept » dans chaque cas
sont tous regroupés en ensemble de trois volumes) est relié avec des
couvertures de bois gravé légèrement obscènes. Chaque volume fait
environ 62 cm sur 21cm. Deux de ces ensembles furent éloignés du Tibet
vers la fin des années 1800, ou au début des années 1900, pour être
mis à l’abri. Un exemplaire est encore sous la garde et la surveillance
du Dalaï Lama. L’autre se trouve dans les Antiquités orientales.
Le second type tibétain est fait de livres, originellement
en langage tibétain, dont on prétend que les textes sont identiques
à ceux écrits en langage codé. Avant l’invasion du Tibet par la Chine
en 1959, la plupart des grands monastères auraient possédé au moins
un exemplaire complet en langue tibétaine dans leurs bibliothèques.
Depuis 1959, seuls huit sont réapparus. Deux furent saisis au monastère
Shigatse par les autorités chinoises. Ils disparurent sur la route
de la Chine avec les troupes chargées de leur garde. On dit que ces
mêmes troupes ramenèrent à Beijing un nombre important de statuettes
étrangement gravées et une caisse d’objets de tailles variées ressemblant
à des étoiles à cinq pointes.
Durant les premiers jours de l’invasion, les six ensembles
de la grande bibliothèque Sakya furent rapidement éloignés par les
moines, avec d’autres ouvrages rares et de valeur, et dispersés pour
être mis à l’abri. L’un d’eux est aux Antiquités orientales et un
autre se trouve à la Bibliothèque de l’Université d’Etat de St-Pétersbourg.
Un ensemble est également à l’Arsenal et un autre dans une collection
privée en France. L’endroit où se trouvent les deux exemplaires restants
est sujet à spéculation : on croit qu’ils se trouvent encore tous
les deux en Asie.
Selon la tradition, les trois livres écrits en langage codé
sont mot pour mot des copies précises des sept livres originaux. Les
moines de certains monastères éloignés étaient, paraît-il, capables
de les lire et de les transcrire en langage tibétain. On n’a malheureusement
pu comparer que de très petites portions des textes en chinois et
en tibétain, parce que les clés de ces très vieux textes ont été perdues
Des
rumeurs racontent qu’au moins les deux premiers exemplaires en tibétain
sont dans la Bibliothèque pontificale, sortis paraît-il en contrebande
du pays par les prêtres dominicains expulsés au début du XVIIe
siècle. S’il en est ainsi, il n’en a jamais été fait référence
dans la littérature occidentale ; et ils ne sont pas répertoriés dans
les catalogues publics de la Bibliothèque.
Contenu.
Intéressante est la description d’un grand plateau montagneux,
pas luxuriant, mais habitable, environnant une grande ville ou temple
construite dans les rochers. Il y a une description des pratiques
et des coutumes de ses habitants tout comme une richesse de détails
sur d’autres créatures et races résidant soi-disant dans et autour
de cette ville d’Asie centrale. On trouve des références identiques
dans Hérodote [47] et dans certaines explorations ultérieures de la Perse de la toute première
époque. On trouve des versions peu claires et imprécises des mêmes
descriptions, sous les dynasties Sung et Ming, dans les travaux et
dans les encyclopédies [48]. De toutes façons, les descriptions sont bizarres et excentriques.
Il y a également des descriptions de la langue, des coutumes
quotidiennes et des pratiques, dont beaucoup, selon les critères occidentaux,
apparaissent perverses et obscènes ; des guerres et autres troubles
impliquant des êtres étranges et ceux d’autres aires dans les montagnes
; la destruction et l’abandon de la cité et/ou des habitants de la
cité près de ou sous la plaine de Leng ; le signe Ancien. Les livres
contiennent également des citations du Texte de R’lyeh et des
incantations semblables aux Chants Dhol.
Comme c’est souvent le cas avec une telle littérature, les
montagnes ne sont pas décrites avec précision et les noms des lieux
ne signifient rien aujourd’hui. On croit toutefois que l’endroit se
situe dans des régions oubliées des voyageurs durant des siècles à
la fois par les Tibétains et les Chinois et coupées du reste du monde
par les membres d’une tribu à cheval.
II. Le
Livre de Dzyan [49]
« Livre
pour Interpréter les Caractères Ecrits Secrets » ou « Livre
de Caractères pour Interpréter
les Secrets »
Anonyme
; fragmentaire ; jamais publié en Occident ; reproduit à de nombreuses
reprises.
Historique
:
Il s’agit d’un texte ancien, bien connu en Chine depuis peut-être
des millénaires. La légende rapporte que les six premiers chapitres
sont antérieurs à la Terre elle-même [50].
Il fut traduit en guwen chinois et commenté en permanence
par les sorciers et les chamans. Des livres dans la langue originelle
existèrent en même temps que les transcriptions en chinois dans
les grandes bibliothèques royales et régionales. Des exemplaires
complets disparurent durant le siècle du Bûcher des Livres [51]. Le seul exemplaire « originel » encore existant fut découvert vers
595 ap. J.C., dans un site funéraire volontairement effacé, dans
une grotte découverte par hasard par des marchands près de la frontière
actuelle du Tibet, à Sinkiang.
L’accès à la grotte renfermant la tombe était orné de glyphes
semblables à ceux trouvés sur les Fragments d’Eltdown et de G’harne.
La tombe elle-même est ornée d’une configuration en relief, à cinq
points, qu’on a élucidé depuis comme en relation avec le « Signe
Ancien ». La tombe était occupée par le squelette difforme d’un
individu identifié, par des documents et des objets trouvés dans d’autres
parties de la grotte, comme étant un chaman tristement célèbre qui
pratiquait des rites interdits à l’encontre d’un seigneur local. Le
seigneur survécut pour voir le shaman exécuté et enterré avec ses
livres et ses attirails. Des avertissements étaient gravés tout autour
de la grotte, en chinois et dans plusieurs autres langues, à qui voulait
les entendre, de laisser ce qu’il trouvait en place et de quitter
les lieux.
La grotte fut connue mais évitée durant des siècles par les
ermites, les bandits et les pâtres locaux. Les marchands qui pillèrent
la tombe furent trouvés peu après démembrés là, leurs membres éparpillés
sur le flanc de la montagne avec les livres et le reste du butin.
On retrouva par hasard le livre dans la bibliothèque du prince
de Shu, vers 600 ap. J.C.(sous la dynastie Sui), et il fut le seul
à disparaître lorsque le prince, accusé de pratiquer la magie noire,
fut, à cause de cela, réduit au rang de roturier [52]. Il fut plus tard légué à la bibliothèque impériale par un célèbre poète auquel
il fut ultérieurement retourné après avoir été officiellement copié
malgré la proscription impériale à l’encontre de tels ouvrages [53]. Des notes ayant subsisté dans les archives impériales indiquent l’utilisation
de la version impériale pour réaliser de nombreux exemplaires supplémentaires,
à des fins privées, avant qu’elle soit annoncée comme volée vers 1530.
L’exemplaire impérial (identifié par ses marques et ses sceaux) et
deux transcriptions du XIIIe siècle furent finalement trouvées
et prises en Angleterre en 1902 par un missionnaire excentrique qui
déclara les avoir obtenu alors qu’ils étaient dans un obscur monastère
de la moderne Sinkiang. Ils disparurent peu de temps après.
Contenu
:
C’est
grâce à la Pierre de Rosette que beaucoup de textes de source extrêmement
obscure, dont certains détenus dans la Bibliothèque de pierre (à
l’exception des parties les plus anciennes des Manuscrits Pnakotiques)
ont pu être traduits, de même que les différentes inscriptions et
les écrits ultérieurs associés au cycle du mythe de Cthulhu : cela
constitue quelques-uns des guwen shangshu jamais découverts
[54]. Les deux dernières transcriptions sont des copies exactes des premières. Les
motifs à points et les glyphes figurent parmi les précurseurs des
premières formes connues de chinois et de sanscrit. Les savants considèrent
qu’il s’agit de l’information la plus large disponible sur le cycle
du mythe de Cthulhu. Y est même inclus « l’arrière-plan nébuleux
des entités transgalactiques qui se cachent sur les planètes infinitésimales
... y installant des avant-postes, et repoussant à l’occasion d’autres
formes accidentelles de vie ... pour occuper totalement les lieux »
[55]
Chaque volume mesure approximativement 50 centimètres sur
31, et consiste en un ensemble de tablettes de bambou, renfermant
chacune 40 caractères chinois, 60 points en relief, 50 glyphes et
11 lignes d’une langue qui préfigure le sanscrit. [56]
Lorsqu’il est correctement collationné, chaque texte se répète
lui-même dans chaque forme d’écriture. En faisant des comparaisons
avec le sanscrit originel et avec chacun des premiers fragments en
chinois, et en utilisant les différents textes occidentaux sur la
cryptographie et les chiffres, particulièrement ceux de Trithème,
Walmsley put en fin de compte présenter des transcriptions des fragments
de G’harne et du Sussex et clarifier les premières traductions de
quelques parties des Manuscrits Pnakotiques et du texte de R’lyeh.
(Voir Gordon Walmsley, Notes on Deciphering Codes,
Cryptograms and Ancient Inscriptions, N.D., Londres)
Les
tablettes de bambou sont reliées à l’aide de fils de soie noire. Chaque
reliure comprend quatre volumes contenant le texte complet. Chaque
volume est recouvert d’un matériau fin, en apparence de la soie, mais
qu’une inspection plus minutieuse ne peut identifier. Le tout est
pour finir relié ensemble par des lanières de peau animale.
L’original de l’ensemble (qui date de 595 ap. J.C.) est au
Musée de Wharby, en Angleterre. Il a été soigneusement authentifié,
encore que les Administrateurs du Wharby n’aient jamais divulgué par
quel moyen. L’exemplaire impérial se trouve aux Antiquités orientales,
cadeau d’un donateur anonyme. Les deux autres ensembles furent vendus
à des acheteurs chinois de Formose en 1936, et on ignore actuellement
où ils sont. Les textes du Wharby et de la Miskatonic ont été particulièrement
reproduits et les copies reliées pour un usage institutionnel.
Traductions
:
Révision chinoise
: Ainsi appelée parce que le texte est écrit dans des caractères qui
ressemblent à du chinois mais la langue n’est ni le chinois ni autre
chose qui s’y rapporte. Le texte a été provisoirement daté de 15000
ans, d’après des études à la fois au microscope et des caractères.
Il s’agit d’une forme d’écriture très primitive et très obscure. Des
preuves internes confirment qu’il s’agit d’un résumé et d’une interprétation
de certains textes très anciens.
Deux exemplaires complets de la Bibliothèque consistent, par exemple,
en 228 bandes de bois reliés ensemble en 76 paquets de trois bandes,
dont chacune mesure 30,6 cm sur 51 cm. Le bois est travaillé mais
il n’est pas gravé. Chaque paquet est relié, par des fils de soie,
dans des boîtes de bois uni. Dans chaque boîte il y a également un
ensemble de neuf tablettes de pierre, mises à jour en même temps,
qui mesurent 61,2 cm sur 30,6 cm. Chacune comprend à la fois des caractères
et des figures. Dans chaque cas, les 237 bandes et tablettes forment
un texte complet. La plus ancienne, laquée, fut le premier don d’Anne
Tillinghast (voir Introduction). La dernière acquisition fut faite
il y a 90 ans, découverte en 1901 au cours de l’expédition conduite
par H.H. Copeland sous les auspices de la Fondation Pickman.
Un troisième exemplaire dans sa forme manuscrite fut le cadeau de
Paul Tuttle (Promotion de 1927). Il provenait de la succession de
son défunt oncle, Amos Tuttle, auquel il était parvenu « de quelque
part dans la nuit intérieure de l’Asie » et qui l’acheta pour
la somme fabuleuse de 10000 dollars [57]. Il s’agit d’un très vieux papier relié en peau humaine dans un coffret recouvert
de fine laque jaune unie.
En latin : Transcription anonyme entre la fin du IIIe
siècle et le début du IIe siècle av. J.C. à partir
d’une transcription antérieure supposée de sources babyloniennes ou
perses. Ce texte a été comparé positivement à la révision chinoise
des savants modernes. C’est un codex de 200 manuscrits extrêmement
anciens aplatis et reliés avec une méthode pratiquement moderne (du
XXe siècle). Le tout mesure 92,5 cm sur 45 cm et est conservé
dans un caveau spécial à l’environnement contrôlé.
En allemand : Liyuhh : Adaptation et analyse anonyme du texte
en latin [58], de même qu’une traduction, complète, avec toutes les illustrations et cartes
[59] découvertes dans la révision chinoise. Extrêmement rare, il fut publié en privé
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